Le grand public paye déjà beaucoup pour financer les artistes et le spectacle vivant. Notamment par l’intermédiaire de la redevance pour copie privée : 156 millions d’euros ont ainsi été récoltés en 2006. Et si le secteur des ventes de musique enregistrée chute en effet chaque année, les chiffres de l’Ifpi (principal syndicat mondial de producteurs) publiés en juillet 2007 ont montré qu’en 2006, tous les autres secteurs de la musique étaient en hausse : instruments, publicités radios, baladeurs, publications, et surtout concerts se portaient bien. En attendant le prochain rapport de l’Ifpi, on peut d’ores et déjà affirmer que le public répond donc présent, et n’a jamais autant écouté et payé de musique qu’en ce moment. Les téléchargeurs sont donc, aussi, le public – celui qui achète aussi des disques et va aux concerts. La musique n’est pas désaffectée, bien au contraire. Punir les téléchargeurs, c’est punir le public. La sanction est en outre aveugle : un abonnement Internet est rarement utilisé par une seule personne. Comment savoir, au sein d’un foyer, qui a effectivement téléchargé ou non ? Et dans le cadre d’une petite entreprise ? La faute d’un salarié peut-elle mettre en péril une activité économique souvent fragile ? Le mécanisme institué par la loi Hadopi fleure bon la sanction collective.
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Source : SVM